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Paris Biarritz Olivier Hautin
Paris Biarritz
Olivier Hautin
Quelque part en Méditerranée flotte une île sous le soleil; sur cette île vibre un village de pêcheurs. Soller. Cela sonne un peu comme soleil. Un endroit où il tape fort; un soleil qui ce soir se vide dans la méditerranée comme une orange trop mûre. Le temps coule, lui aussi, ou plutôt il s'écoule. On n'est jamais vraiment certain de l'heure qu'il est; les minutes poussent les secondes, cahin-caha. On devine, simplement, au soleil justement, et en pensant à tout ce qui n'est pas à faire, que c'est bientôt l'heure. Mais on ne sait pas de quoi. Ce sont les vacances. Ce sont mes quarante quatrième grandes vacances. Je sais qu'il en reste probablement moins devant que derrière, c'est la vie. Je me sens jeune encore, mais d'après les statistiques, j'ai dépassé la moitié de mon temps. C'est comptable, on n'y peut rien. Ca donne juste envie d'en profiter, mais ce n'est qu'une idée vague, qui ne mène à rien de précis. Et puis il fait trop chaud. Dans quelques heures peut-être ? Dans quelques heures, plus tard; toujours plus tard. Et puis, franchement, que pourrait-il bien se passer ? J'ai bien réussi dans la vie. Je suis marié, j'ai un chien, deux enfants, une maison, une assurance vie. Avant ma naissance, cela n'avait aucune importance, et après ma mort, cela n'en aura guère plus. Je serai passé dans l'histoire de l'humanité comme ce wagon de tramway qui vient de s'ébrouer devant moi, emmenant son lot de touriste vers le centre ville, et qui bientôt disparaîtra à l'angle de la rue. Plus personne n'en parlera. Jusqu'au prochain, dans quinze minutes. Un prochain toutes les quinze minutes. *** Trois lignes de fuite qui se rencontrent. Au bout, à l'horizon, le pardon ou la mort. Trois lignes de fuite qui sont autant de fuites dans le temps: le présent, l'enfance qui peut à peu rejoint l'hier, qui explique le présent. Nous y sommes. Un homme prend le train. Un train de réminiscences, de l'enfance à... quelques mois avant le départ. Une histoire qui explique pourquoi il est dans ce train, où il va. *** Mon père avait apaisé le drame de notre déménagement en nous racontant cette blague hilarante: - Au Havre, quand on ne voit pas la mer, c'est qu'il y a du brouillard. Et quand on la voit, c'est qu'il pleut ! Mais c'était pas une blague. Ce jour-là, y avait pas de brouillard et il pleuvait dru. Ca dégoulinait de partout: dans les rues, sur les toits, dans ma chambre aussi, et surtout dans mon coeur. C'était dégueulasse à voir. Je ne sais pas pourquoi il avait décidé de déménager, mon père, de quitter Toulon. Il faut dire qu'il avait toujours eu des drôles d'idées. Des idées qui n'étaient pas drôles, par contre ! Maman souvent elle dit que mon père c'est un original. Je sais pas trop ce que ça veut dire mais le résultat, c'est que ça fait à peine une semaine que je suis dans ma nouvelle école et me voila en plein milieu de la cour de récré entouré de salauds qui tournent autour de moi en beuglant comme des ânes: - Samuel il a pas de poil à la bite !
| Medios de comunicación | Libros Paperback Book (Libro con tapa blanda y lomo encolado) |
| Publicado | 13 de julio de 2013 |
| ISBN13 | 9781534726079 |
| Editores | Createspace Independent Publishing Platf |
| Páginas | 128 |
| Dimensiones | 152 × 229 × 7 mm · 181 g |
| Lengua | Francés |