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Au Dela de la vie Albert Enriquez
Au Dela de la vie
Albert Enriquez
... Le crépuscule créait un jeu d'ombres et de lumières dans le cimetière. Elle aperçut une âme errante comme elle qui, paraissait perdue et se demandait où aller. Elle aurait voulu l'aborder pour ne pas se sentir si seule, mais elle n'était que buée et l'autre n'était que nuage de vent, et le vent semblait la repousser au loin à très vive allure. La nuit tombait. Le cimetière était à l'abri des lumières de la ville. La voûte étoilée resplendissait de milliers d'étoiles. Une ouverture sombre attira l'attention de Marie-Cécile, c'était un peu comme l'entrée d'une grotte. Elle s'approcha. Était-ce la porte de l'enfer ou celle du paradis ? Elle hésitait à passer ne sachant pas si c'était la bonne direction. Était-elle là depuis toujours ? Elle n'avait rien remarqué en arrivant au cimetière. Elle pensait qu'elle serait insensible au vent mais plus elle s'approchait de l'ouverture béante plus un vent violent venu de nulle part et de partout à la fois la bousculait autant qu'une brume nocturne. Elle était devant cette porte monumentale, une arche de pierre, un passage souterrain qui conduisait probablement, à une autre partie du cimetière, ou ailleurs. Elle méditait devant cette porte monumentale elle se demandait si elle devait la franchir ou non. Était-ce le passage vers l'autre monde ? Était-ce la route qui conduisait dans sa nouvelle dimension. Il fallait qu'elle prenne une décision. Après tout, dans son état, elle ne risquait plus rien. Marie-Cécile s'apprêtait à emprunter ce large chemin qui s'ouvrait devant elle quand, brusquement, elle se sentit attirée comme un objet en fer par un gros aimant. Elle fut happée, aspirée, avalée par un trou qu'elle n'avait pas vu à côté de la porte, un trou pas plus grand qu'un terrier de lapin, un trou qui l'avait engloutie. Pour quelle obscure raison avait-elle pensé que le chemin après la mort était une route royale vers la vérité et la justice ? Contrairement à ses idées, ou aux idées reçues, ce n'était qu'un tout petit trou, tout simple, dans la terre, un trou sans attrait qui l'avait gobée. Marie-Cécile se retrouva, alors, dans une sorte de tunnel sombre et profond dont elle ne voyait pas la sortie. Dans l'univers qu'elle abordait le temps n'existait plus et les dimensions et les formes, non plus. Elle regardait autour d'elle dans l'obscurité mais fut incapable d'estimer quelle était sa longueur, dix mètres, un kilomètre, cent kilomètres ou bien plus ? Elle n'avait aucune notion de sa taille, mais tout lui parut paradoxalement gigantesque. Elle se demandait comment un si petit trou d'accès pouvait donner sur cet espace aux dimensions indéfinies ?Elle regardait autour d'elle incapable de prendre une décision. Avancer, reculer...revenir en arrière ? Trop tard ! Soudainement, alors qu'elle ne s'y attendait pas, un vent d'une violence inouïe se mit à souffler et l'entraina. Marie-Cécile ne pesait même pas le poids d'un fétu de paille. En fait elle ne pesait rien, elle n'était que l'ombre d'une fumée, et le vent l'emporta sans ménagement. Elle se confondit au vent. Elle devint le vent et se laissa, faire sans essayer d'opposer une quelconque résistance. Elle ne pouvait pas faire autrement et avançait à une vitesse folle dans les ténèbres. Elle commença à voir, sur les parois sombres du tunnel s'agiter des formes fantasmagoriques, des spectres lumineux de couleurs vives. Certaines formes mouvantes avaient l'aspect de bêtes humaines épurées, étranges et apeurées. Elles semblaient toutes fuir en voyant la buée de Marie-Cécile. La vitesse était vertigineuse et ne permettait pas de détailler ce qu'elle apercevait de manière furtive. .....
| Medios de comunicación | Libros Paperback Book (Libro con tapa blanda y lomo encolado) |
| Publicado | 15 de julio de 2020 |
| ISBN13 | 9798664161052 |
| Páginas | 222 |
| Dimensiones | 152 × 229 × 12 mm · 303 g |
| Lengua | Francés |